Méditation à partir des textes du dimanche 5 juillet Enregistrer au format PDF

Samedi 4 juillet 2020 — Dernier ajout dimanche 30 août 2020
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Le Père jésuite Jean-Paul Savi nous introduit à la méditation avec les lectures du 14e dimanche du temps ordinaire de l’année liturgique A.

Chers frères et sœurs,

Les textes de la liturgie de ce 14e dimanche du temps ordinaire nous invitent à l’espérance au milieu des événements qui marquent nos vies. En effet, pour la plupart d’entre nous, le fardeau de la vie est lourd à porter. Ce fardeau peut être une erreur de la vie, notre histoire, une personne, des espoirs déçus, des soucis financiers, matériels ou un problème sentimental. Face à tous ces problèmes de la vie, où trouver la paix du cœur et la joie de vivre ? Qui pourra nous délivrer de ce poids qui accable nos vies ? Pouvons-nous encore croire en la Béatitude qui nous dit que ceux qui pleurent seront consolés ?

La première lecture de ce dimanche commence par une invitation à la joie : « Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! » (Za 9, 9). En effet, le prophète Zacharie invite à se réjouir parce que justement l’heure n’est pas à la joie. Le peuple d’Israël était sous domination et il souffrait. À un moment où il y avait de bonnes raisons de perdre tout espoir et toute foi en Dieu, le prophète Zacharie lance une parole d’espérance. Il annonce l’arrivée d’un roi juste, humble et victorieux. « Ce roi fera disparaître… les chars de guerre, les chevaux de combat ; il brisera l’arc de guerre, et il proclamera la paix aux nations » (Za 9, 10). Du fond de notre misère, pouvons-nous croire en ces paroles de Zacharie ? Pouvons-nous encore croire après tant d’heure de prière, de jeûne et de supplication ? Où donc est le Dieu qui redresse les accablés ?

Même si la vie devient lourde à porter, saint Paul, dans la deuxième lecture, nous recommande de ne jamais perdre espoir ; et il nous donne un conseil. Saint Paul nous demande de ne pas vivre sous l’emprise de la chair, mais de vivre sous l’emprise de l’Esprit de Dieu. En effet, vivre sous l’emprise de la chair, c’est désespérer, et douter du salut de Dieu. Vivre selon la chair, c’est se contenter des limites de l’intelligence et de nos forces humaines dans les situations que nous vivons. Vivre selon la chair, c’est nous immerger tellement dans nos difficultés au point d’oublier qu’auprès de Dieu, se trouvent le pardon et la paix.

Cependant, vivre selon l’Esprit, c’est espérer contre toute espérance. Vivre selon l’Esprit, c’est avoir foi en Dieu malgré le poids de nos fardeaux. La vie selon l’Esprit nous purifie et nous donne du sourire même au fond de nos soucis. En effet, l’Esprit de Dieu nous donne la force de faire triompher les vraies valeurs de la vie. Ne nous laissons donc pas berner par les fardeaux qui accablent nos vies, au point de perdre les valeurs d’amour, d’amitié, de pardon, de vérité, de paix, de justice. Autrement, nous ressemblerons à ces sages et savants à qui tout devient impénétrable et caché. Les « tout-petits » dont parle Jésus, ce sont les humbles de cœur ; ceux qui savent accueillir le poids de leur vie et l’offrir à Dieu.

En ce dimanche, Jésus nous lance un appel : « venez à moi ». Cet appel, nous devons le sentir au plus profond de notre cœur et de nos misères. Nous sommes aujourd’hui de nouveau appelés à devenir disciple du Christ en prenant sur nous son joug. Et prendre le joug de Jésus, c’est refuser de nous laisser écraser par nos soucis ; c’est laisser le Seigneur guider notre vie. De cette manière, nous aurons un autre regard sur notre vie et sur nos difficultés. Être heureux ne veut pas dire que nous n’avons pas de soucis. Mais plutôt que nous les offrons à Dieu afin qu’advienne pour nous selon sa volonté. Puisse le Seigneur nous accorder toujours la grâce de venir à Lui pour que même dans nos misères les plus sombres, nous puissions faire l’expérience de la paix du cœur et la joie de vivre.