Parenthèse ou re-création ? Enregistrer au format PDF

Mardi 29 septembre 2020
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Depuis le mois de mars dernier, nous vivons un moment étonnant. Qu’allons-nous en faire dans nos vies ?

Est-ce une parenthèse ou bien un moment qui pourrait marquer profondément nos vies ? Si c’est une parenthèse, on attend que ça se passe pour recommencer comme avant. Et si c’était l’occasion de ne plus recommencer comme avant !

Pendant toutes ces semaines de confinement, il a fallu abandonner bien des habitudes, rompre avec un rythme de vie qui, bien souvent, s’emballait et ne nous laissait plus le temps de nous poser. Et voilà que ces semaines nous ont obligés à changer de rythme, occasion à faire autre chose, à ralentir, à se parler, à se confronter. Et on a pu lire, entendre des points de vue, des réflexions sur notre avenir et l’avenir de la planète. Les réseaux sociaux ont été l’occasion d’échanges plus ou moins sérieux. De nombreux points de vue ont été exprimés et ont interrogé jusqu’à aborder le sens de la vie : que fait-on sur la terre ? Où nous mène cette course folle ? Et si l’on prenait le temps de prendre soin les uns des autres ? D’ailleurs l’élan de solidarité pour soigner les malades a été particulièrement apprécié dans le pays, mais prendre soin ne peut-il pas être beaucoup plus élargi :

  • à ceux qui ont plus de difficultés,
  • à ceux qui ont moins de chance au départ,
  • à tous les accidentés de la vie,
  • à tous les anonymes qui ne sont jamais pris en compte.

On était porté jusqu’à se dire : qu’est-ce que j’apporte aux autres ? Qu’est-ce qui fait que j’apprécie telle ou telle personne ? Qu’est-ce que j’aimerais que l’on retienne de ma vie ? Des questions fortes et essentielles qui peuvent rejoindre le désir de bonheur de chacun et apporter du bonheur.

Bien sûr, les réponses peuvent être très diverses, et chacun effectue sa quête de sens en cherchant des témoignages, des livres, des lieux de réflexion, tout cela pour approfondir et ne pas zapper trop vite. Quelques réflexions : « Avec le confinement, ont émergé chez ces jeunes des questions qu’ils n’avaient auparavant pas le temps de se poser » ; « Ils avaient besoin de relire leur quotidien souvent compliqué, mais ils cherchaient aussi le sens de leur vie, à travers des questionnements existentiels : qui suis-je ? Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? »

Dans tout cet éventail, n’y a-t-il pas l’opportunité, pour ceux qui le veulent, de se réapproprier ce qui fait l’essentiel de la Bible, et plus spécialement des Évangiles. On peut constater que des générations se sont laissées habiter par ce qui était l’essentiel du contenu de ces livres et surtout s’étaient laissées éclairer par les paroles, les actes, les attitudes, la vie de Jésus Christ. Il est à déplorer que ce contenu a été assez mal assimilé.

C’est peut-être un moment opportun de se mettre à lire, relire, partager et échanger sur les Évangiles.

Re-création, c’est-à-dire recréer pour soi-même, et pouvoir le partager, ce qui est essentiel, ce qui fonde nos repères, notre sens à la vie, notre désir d’être heureux et d’être heureux avec les autres.

J’ai repéré dans le dernier bulletin les paroles du Père Laurent : « L’essentiel n’est-il pas de vivre du Christ et d’en témoigner dans notre monde d’aujourd’hui ? » ; et aussi la proposition de Soeur Thérèse : « A l’écoute de la Parole de Dieu » : des rencontres pour partager sur les lectures du dimanche suivant.

Je rêve qu’il y ait ainsi deux ou trois équipes dans chaque relais pour se retrouver, échanger, approfondir à partir des lectures, et ainsi en vivre vraiment et pouvoir traduire, chacun à sa manière, de ce qui l’habite et, comme le dit Saint Paul, rendre compte de l’espérance qui nous habite.

Et en ce mois d’octobre, mois du Rosaire, nous pouvons nous adresser à Dieu par Marie, Notre Dame de Toute Aide.

Abbé Gérard Daniel