Séminaristes, l’avenir du diocèse Enregistrer au format PDF

Vendredi 1er juin 2018
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Cette année, ils sont neuf. Neuf Costarmoricains à se former à la prêtrise au séminaire Saint-Yves, à Rennes. Un chiffre assez exceptionnel qui n’avait pas été atteint depuis les années 1970 dans le diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Certains ont une toute petite vingtaine de printemps, d’autres ont passé la barre de la quarantaine. Entre eux, une petite émulation est née. Pour le père Pierrick Jégonday, chargé de les chaperonner, il s’agit là d’une « chance » et d’une « richesse pour les paroisses ».

Comment expliquer qu’il y ait autant de séminaristes costarmoricains au sein du séminaire ? Père Pierrick Jégonday : « Sans doute que les jeunes sont plus attentifs à l’ap-pel de Dieu. Pour moi, Dieu appelle tout le temps. Mais on n’est pas toujours prêt ou pas encore prêt à l’entendre. Pour ce-tains, il y a une forme de résistance à se lancer dans l’aventure. Une résistance personnelle, sociale, culture-le, etc. Et puis, il arrive que, durant un parcours de vie, on soit confronté réellement à cette question : ai-je pensé à devenir prêtre ? ».

Qu’est-ce qui différencie les séminaristes d’hier et ceux d’aujourd’hui ?

« L’âge moyen a tendance à augmenter au fil des années. Certains entrent au séminaire à 20 ou 22 ans mais, de plus en plus, on voit des séminaristes qui ont fait une expérience de vie. C’est le cas de Gaëtan Lomel, qui a débuté sa formation à 33 ans, après avoir travaillé pendant treize ans dans une entreprise (lire page 5). Il y a également moins d’abandons en cours de route. L’année propédeutique, qui sert à la fondation spirituelle avant d’entrer au séminaire, consolide ou fragilise leur choix. Ils enracinent leur projet dans la prière, le discernement ».

En quoi consiste la formation au séminaire ?

« Elle dure six ans et repose sur quatre dimensions : la vie spirituelle, la vie communautaire, la vie pastorale et la vie intellectuelle. Depuis quelque temps, les séminaristes sont envoyés en paroisse un week-end sur deux, dès leur première année. Ça leur permet de partager le quotidien avec d’autres prêtres au presb-tère et de rencontrer des gens. C’est une manière d’appréhender leur future mission, vu qu’ils se préparent à devenir prêtres diocésains et à exercer d’abord en paroisse, là où il faut porter l’Évangile. En cinquième année, ils sont ordonnés diacres, puis prêtres, en général, l’année suivante ».

En quoi est-ce une force d’avoir autant de séminaristes ?

« C’est à la fois une chance et une richesse pour les paroisses. Et puis, ça crée une dynamique. Entre eux, d’une part. Et pour les autres jeunes qu’ils rencontrent, d’autre part. Pour nous, prêtres, c’est motivant de voir que d’autres sont en route. Bon, il faut rester prudent, ils ne sont pas encore prêtres ! »

Et comment les trouvez-vous, ces séminaristes ?

« Quand on les rencontre, on voit qu’ils sont heureux. Ils sont conscients de la qualité des cours qu’ils suivent au séminaire. Entre eux, ça se passe vraiment bien. Malgré les différences d’âges et de parcours de vie, ils s’entendent bien. Ils savent qu’une fois prêtres, ils ne seront pas seuls ».

Est-ce que cette tendance est amenée à durer ?

« Difficile de répondre à cette question. Il ne faut pas réfléchir à un projet de survie de l’Église mais à un projet d’évangélisation. Il y a 5-6 ans, on a lancé une campagne de dons pour aider à la formation des séminaristes. Ça répond très bien, les gens sont sensibles, généreux et contents d’y participer. Avoir autant de séminaristes, forcément ça interpelle. Ils incarnent le visage d’une jeunesse qui s’engage et qui ouvre un avenir »